janvier 2026
Référence
Villa B
Certains lieux portent leur histoire comme une seconde peau. Studio Cottage à Cirencester, en bordure de la zone de beauté naturelle exceptionnelle des Cotswolds, est l'un de ces lieux. Dans les années 1930, l'architecte Arts and Crafts Alfred Hoare Powell conçut ces bâtiments à ossature en bois comme résidences d'été et ateliers de céramique – des refuges où il créait, aux côtés de son épouse Louise, des pièces pour la manufacture Wedgwood. Près d'un siècle plus tard, cet ensemble raconte une nouvelle histoire : celle d'une transformation délicate, où le verre devient l'élément de liaison entre le passé et le présent.
La tâche était aussi exigeante que complexe. Deux constructions en bois largement délabrées et classées monuments historiques – un cottage et un atelier au toit de chaume – devaient être réunis en une seule maison familiale sans perdre leur caractère historique. L'architecte Rebecca Milton, alors propriétaire des lieux, élabora la vision initiale du projet et obtint les autorisations patrimoniales. Une photographie d'époque, prouvant que les deux bâtiments avaient autrefois été physiquement reliés, constitua la clé décisive. Ashton Architecture reprit le projet en 2020 et le mena à terme en collaboration avec le nouveau propriétaire – une réalisation récemment distinguée par un RIBA Regional Design Award.
Au cœur de cette transformation se trouve une liaison vitrée équipée de baies coulissantes sans cadre Sky-Frame – une structure contemporaine dotée d'une géométrie coudée spécialement conçue, qui épouse les deux bâtiments à ossature bois au lieu de les dominer. Lumière et chaleur se déversent dans l'atelier au toit de chaume autrefois inhabitable, la surface utile atteignant désormais 235 mètres carrés. Une intervention jugée quasiment impossible pour un bâtiment d'une telle valeur historique.
La mise au jour minutieuse de strates cachées révéla des surprises que seules la patience et la persévérance permettent de découvrir. Derrière d'anciens revêtements apparurent des ouvertures et des fenêtres d'origine. Une grande fenêtre dissimulée sur la façade nord fut rétablie, restituant au séjour en double hauteur du cottage sa générosité première. Les bardages en bois noircis à la créosote furent poncés, la maçonnerie peinte dégagée – un retour délicat vers des finitions plus naturelles et plus claires, offrant aux espaces une légèreté nouvelle.
À l'écart des bâtiments historiques, dissimulée par des arbres matures et des haies, une nouvelle dépendance complète l'ensemble. Son architecture – un jeu de volumes à toitures en pente, en pierre des Cotswolds à joints ouverts et bardage en tôle ondulée galvanisée – répond à son environnement avec une assurance discrète. Portes et fenêtres galvanisées, ainsi que des portes coulissantes habillées de bois dont les mécanismes restent volontairement apparents, allient expression artisanale et clarté fonctionnelle. Chambre d'amis, bureau et espaces annexes trouvent ici leur place sans grever le patrimoine classé.
Ce qui distingue Studio Cottage dépasse les réalisations architecturales individuelles. C'est la synergie : la passion de l'architecte de projet John Ashton, le savoir-faire des artisans locaux, la vision d'une propriétaire qui dormit des années sous un bonnet de laine pour comprendre l'essence de ce lieu, avant de la transmettre. Et surtout, la conviction que l'architecture de verre contemporaine ne s'oppose pas à l'histoire, mais lui ouvre une dimension nouvelle. La liaison vitrée équipée de baies coulissantes sans cadre de Sky-Frame en est l'illustration : une transparence qui réunit intérieur et extérieur, l'ancien et le nouveau, la mémoire et le présent en un seul regard limpide.